Audition de Michel Edouard Leclerc sur les méthodes de ses centrales d’achat

En Commission d’enquête sur les pratiques de la grande distribution avec Grégory Besson-Moreau nous avons interrogé Michel Edouard Leclerc sur les méthodes de ses centrales d’achat qui regroupent les commandes des différents magasins et jouent un rôle d'interlocuteur unique auprès des fournisseurs. Impossible pour eux de se passer de Leclerc, qui représente 25 % du chiffre d'affaires de l'agroalimentaire.

Habitué aux auditions à l’Assemblée nationale, Michel Edouard Leclerc expose sa vision des relations commerciales ou esquive les questions sur ses pratiques de distributeur vis-à-vis des industriels, mais aussi de la loi Egalim.

Il dit vouloir participer à la revalorisation du revenu des agriculteurs dont il dit bien connaître les conditions de travail :

« Je suis discret sur ma vie privée, mais j'ai été le mari d'une éleveuse pendant 27 ans… »


La loi EGalim a pour objectif de rendre au producteur – ou son organisation de producteurs – l'initiative de proposer le contrat écrit qui régira ses relations avec ses clients.

Elle fait de cette proposition le point de départ et de référence de la négociation qui s’engage en imposant à la partie destinataire de motiver ses éventuelles réserves ou désaccords.

C’est le producteur, et non plus l’acheteur, qui a l’initiative de la proposition initiale de contrat et donc de la construction du prix – notamment à partir des indicateurs des coûts de production – ce que l’on a appelé la contractualisation inversée.


Parmi les mesures-phares figurent notamment la majoration de 10% du seuil de revente à perte et l'encadrement des promotions.

Ces mesures spécifiques seront expérimentées durant 2 ans et associées à un dispositif de suivi. Il s’agira d'évaluer leur impact sur la filière agroalimentaire afin de s'assurer que la valeur dégagée sera mieux partagée.

Michel-Édouard Leclerc réaffirme son souhait de coopérer avec la commission d’enquête pour trouver des pistes dans le but de parvenir, enfin, à un rééquilibrage des relations commerciales au profit des agriculteurs.


Les géants se font la guerre des prix et s’entendent en même temps pour mettre en commun leurs centrales d’achat, mais voient-ils venir le changement des habitudes des consommateurs et leur désamour pour les grandes surfaces? De plus en plus nombreux sont ceux qui veulent mettre du sens à leurs achats par un retour dans les petits commerces de proximité vers le local, le circuit court, le bio, pour une alimentation respectueuse de l’environnement et rémunératrice des producteurs.

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