Interdiction des pesticides néonicotinoïdes neurotoxiques



À compter de demain 1er septembre les pesticides néonicotinoïdes neurotoxiques (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame, nitenpyrame et dinotéfurane), véritable menace pour la biodiversité et particulièrement pour les abeilles, seront interdits en France. Malgré la pression des lobbies, ce sera une interdiction stricte et ferme.

Et nous sommes allés encore plus loin. Nous avons voté dans le projet de loi agriculture EGAlim un amendement qui étend l'interdiction des insecticides néonicotinoïdes aux produits phytopharmaceutiques ayant des modes d'action identiques. En effet l'interdiction des néonicotinoïdes prévue par la loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016, présente aujourd'hui un risque de contournement, alors qu'elle entre seulement en vigueur.


La recherche scientifique de plusieurs laboratoires a permis de mettre sur le marché de nouvelles substances comme le sulfoxaflor et la flupyradifurone, insecticides nouvelle génération tout aussi dangereux mais dont les caractéristiques chimiques permettent de créer un doute scientifique sur leur appartenance, ou non, à la famille des néonicotinoïdes. Si la loi est adoptée un décret allongera donc la liste .


S'ils peuvent être employés en pulvérisation, en France ils servent principalement de manière préventive, pour l'enrobage des semences. La substance, dite « systémique », est absorbée par la plante et se propage à tous ses tissus, y compris le pollen. Au lieu de pulvériser les insecticides sur la terre ou sur les plantes, il sont mélangés dans une pâte qui entoure la graine. ( semences colorées : graines de courgettes vert fluo ou grains de blé rouges, grains de maïs roses ) En germant, la plante absorbe le poison dans ses tissus par l'intermédiaire de la sève. Comme tout insecticide, à certaines doses, les néonicotinoïdes tuent les insectes, donc les abeilles. Les scientifiques préviennent que même à faible dose, ces substances affectent le système nerveux des pollinisateurs. Les apiculteurs français ont constaté une hausse de la mortalité dans leurs ruches depuis l'arrivée des néonicotinoïdes.


Comme sur le glyphosate, nous sommes ainsi en avance en Europe. Pour notre environnement et pour la santé des agricultrices et des agriculteurs, nous poursuivons le travail afin d’aboutir à une baisse conséquente et durable de l’utilisation de produits phytosanitaires, notamment dans le cadre du projet de loi EGAlim que nous allons examiner en deuxième lecture à partir du 12 septembre.


Selon un rapport récent de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), il y a moyen de faire autrement, des alternatives existent « suffisamment efficaces, et opérationnelles », chimiques ou non chimiques, pour la grande majorité des 130 usages phytosanitaires des néonicotinoïdes.

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