Démarche "Zéro Gaspil" dans le Jura

Le gaspillage alimentaire est un sujet majeur d'éducation et d'engagement dans nos établissements scolaires jurassiens avec une implication forte des personnels de la restauration collective.

J'étais invitée à Sainte Marie pour la remise du label national Zéro Gaspil, certification 3 étoiles délivrée par le Bureau Veritas.


Comme dans d'autres établissements, le collège Jules Grevy ou le lycée Friant de Poligny, j'ai pu constater l'important travail de sensibilisation, mené auprès des personnels et des jeunes. Grâce à l'implication et à la prise de conscience individuelle et collective, les résultats mesurés sont spectaculaires. Des habitudes citoyennes et responsables sont inculquées à la jeunesse.

Ce combat contre le gaspillage alimentaire me tient à cœur, et je le suis depuis plusieurs années avec le Conseil départemental et Christophe Demangel, chef cuisinier au collège de Poligny.

Cette démarche s'inscrit parfaitement dans les ambitions de la loi sur l'alimentation qui sera examinée au premier trimestre, conforment à l'objectif fixé par le Président de la République : diminuer par deux le gaspillage alimentaire et élever la qualité de la restauration collective avec 50% de produits bio et locaux.


J'ai rappelé que 40% de la nourriture est jetée, alors qu'un enfant sur 9 souffre encore de la faim dans le monde.


Et comme je le faisais avec mes élèves, j'ai fait référence à ce beau texte un peu oublié de Jules Vallès : " J’ai le respect du pain. Un jour je jetais une croûte, mon père est allé la ramasser. Il ne m’a pas parlé durement comme il le fait toujours.


« Mon enfant, m’a-t-il dit, il ne faut pas jeter le pain ; c’est dur à gagner. Nous n’en avons pas trop pour nous, mais si nous en avions trop, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-être un jour, et tu verras ce qu’il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis là, mon enfant ! » Je ne l’ai jamais oublié.

Cette observation, qui pour la première fois peut-être, dans ma vie de jeunesse, me fut faite sans colère mais avec dignité, me pénétra jusqu’au fond de l’âme ; et j’ai eu le respect du pain depuis lors.

Les moissons m’ont été sacrées, je n’ai jamais écrasé une gerbe, pour aller cueillir un coquelicot ou un bluet ; jamais je n’ai tué sur sa tige la fleur du pain !


Ce qu’il me dit des pauvres me saisit aussi et je dois peut-être à ces paroles prononcées simplement ce jour-là… d’avoir toujours eu le respect, et toujours pris la défense de ceux qui ont faim.

« Tu verras ce qu’il vaut. »

Je l’ai vu."

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