21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:00

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  Jeunes  Charolais heureux, ferme du Villarnier à COMMENAILLES

 

Dans le Jura, de l’élevage à l’étalage, de la prairie au congélateur, la filière viande est surveillée de près. A la ferme comme à l’abattoir, des normes drastiques encadrent  les conditions d’hygiène, la santé, l'identité, régissent  puces, carnets de vaccination,  provenance de l’animal , c'est la fameuse traçabilité.

Les directives européennes sont appliquées à la lettre. En voici  un exemple.

Récemment, deux vigoureuses vaches charolaises du canton de Chaumergy se sont fait la belle dans les vastes prairies du Val de Brenne.

Après quelques jours de fugue, elles avaient tant pris goût à la liberté en pleine nature qu’il fut difficile de les retrouver et impossible de les capturer.

 Pour mettre un terme à la cavale des deux aventureuses bovidées, il n’y eut pas d’autre alternative que de les abattre.

Le propriétaire dépeça les bêtes en toute bonne conscience. La bonne viande, fraîche et goûteuse, destinée à la consommation familiale, fut congelée en barquettes.

 

Mais le lendemain, l’éleveur apprit  que sa viande était impropre à la consommation.

Parce qu’il n’était plus possible aux services vétérinaires d’inspecter les carcasses de vaches complètes puisqu’elles avaient été débitées en morceaux. La viande ne pouvait  donc pas recevoir la marque de salubrité .

 Il reçut l’ordre de faire  enlever viande et cadavres de vache par le service d’équarrissage ( coût : 150€ par bête)

Au nom de la « traçabilité » et devant la menace d’une forte amende, voire d’une  condamnation, l'éleveur dut se résigner à voir partir à la poubelle des dizaines de kilos de viande saine et de qualité .

  Voilà ce que l'administration française impose aux éleveurs pendant que

L’Europe  autorise les importations sans aucun contrôle et ferme les yeux sur les trafics.

L’affaire Findus  montre que la Commission européenne a,

 pour l’industrie agroalimentaire la plus grande complaisance

 et pour les éleveurs  les  plus sévères exigences .

 Pas de problème de traçabilité et de sécurité alimentaire lorsque le  "minerai de cheval", contrefaçon  issue du désossage d'une carcasse, composée  de déchets à base de muscles, d’os, de graisse et de collagène arrive dans notre assiette, sous l’étiquette 100% boeuf.

 

 

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 Charolaises en pâture à La Chaux en Bresse. 

 

 

 Le profit maximal est la préoccupation unique depuis que les denrées alimentaires sont  entrées en toute impunité dans la danse de la spéculation, des fonds de pension,  de la finance, des actionnaires, des traders, des paradis fiscaux et des trafics internationaux .

Avec autant d'intermédiaires et de circulations des marchandises sur de très longues distances ,  en tous sens,  nous allons voir encore longtemps les camions de 44 tonnes traverser nos villages et polluer nos vallées.

 La taxe carbone imposée par l’Europe sur nos départementales dès juillet,  hypocrisie de plus, n’y changera rien.

 L'affaire Findus révèle les limites du grand marché unique libéral et les mensonges des marques qui prétendaient faire jouer la concurrence pour le plus grand bien du consommateur.

Peuà peu , au fil des scandales, des dysfonctionnements et des affaires, la confiance se rompt.

 Pour ne plus avaler n’importe quoi, et manger des produits de qualité  une seule solution :

Manger local , en privilégiant les circuits de proximité et la viande du boucher, le Jura dispose d’un cheptel d'excellence !

 

 «Le veau d'or ?Demain, il vaudra moins cher demain que le veau naturel » Paul Valéry.

 

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Published by Danielle Brulebois - dans POINTS DE VUE & TÉMOIGNAGES