Partager l'article ! TGV et trains supprimés, hausses des tarifs, les raisons de la colère des Jurassiens: Lors de la Session publique de vote du budget&n ...
Lors de la Session publique de vote du
budget du Conseil Général, la motion suivante a été votée:
Le 11 décembre 2011, 85% des horaires des trains sont modifiés, quand ils ne sont pas purement et simplement supprimés. Guillaume Pepy, président de la SNCF, a confié au Monde dans que les errements horaires de sa compagnie étaient un bouleversement "aussi important que le passage à l'euro".
Le Jura n’y échappe pas avec l’arrivée de nouveautés majeures le 11 décembre :
- la LGV Rhin Rhône
- le cadencement des TER
- la suppression des trains CORAIL
Les conséquences sont lourdes pour le Jura : les Jurassiens et en particulier les scolaires, étudiants, salariés, personnes âgées, sont confrontés à de sérieuses difficultés sur les lignes régionales et interrégionales.
Privilèges et inégalités : le transport ferroviaire est-il encore un service public ?
Mon intervention en séance publique :
"Il fallait bien se douter qu’un jour ou l’autre, nous, les usagers serions victimes des logiques imposées à RFF et à la SNCF par l’Etat et les réglementations européennes.
Sous prétexte de meilleur service à l'usager, il faut ouvrir à la concurrence le marché des transports.La véritable raison on la connaît, c’est la rentabilisation maximum du réseau..
La droite a voté l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs sur les lignes internationales depuis deux ans. Trenitalia, Veolia, Thello défient maintenant la SNCF sur les lignes Italie Paris. Jusqu’à présent, la SNCF se contentait de nouer des partenariats commerciaux avec ses concurrents des pays voisins en créant avec eux des sociétés conjointes comme Lyria…qui, ne soyons pas dupes se soucie plus de la rentabilité de l’Arc franco-suisse que du service public dans nos territoires ruraux :
Alain Barbey, Directeur de Lyria ne le cache pas :
« la vocation première de la filiale franco-suisse est d’assurer un trafic international et non pas un trafic domestique entre Dijon et Frasne ou Pontarlier »
L’offre proposée par les TGV, de plus en plus ciblée, s’adressera à une clientèle française et internationale à haut revenu désireuse de voyager au bon moment avec un haut niveau de service.
Comme le dit la Présidente de la Région Marie- Guite Dufay : « il est clair que l’objectif de Lyria est des satisfaire au premier chef ses actionnaires
et de répondre à leurs exigences de rentabilité »
L’échéancier de la concurrence est connu depuis 10 ans de
politique néolibérale, il fallait s’attendre à ce que les multinationales viennent un jour ou l’autre écrémer nos lignes les plus rentables. Cela ne vous rappelle pas les
autoroutes ?
Dès qu’elles ont été rentables la droite les a cédées au privé pour quelques milliards. C’est le contribuable qui les a payées et qui aujourd’hui paie les péages les plus chers du monde. C’est la même chose pour le TGV, l’argent public a financé à prix fort les lignes à grande vitesse et aujourd’hui les trains se raréfient, les prix des billets s’envolent, deviennent inaccessibles pour les personnes qui en ont besoin et ne peuvent faire autrement , je pense en particulier à nos étudiants sans moyens de déplacement obligés de s’expatrier pour faire leurs études..
Quand on cautionne la politique de désengagement de l’Etat et la suppression des trains Corail entre Lyon Besançon, Stasbourg, rien ne sert de manifester en gare de Lons contre la diminution du nombre de trains, celà relève de la pure hypocrisie !
Les usagers de Lons sont les otages de l’abandon du réseau classique sacrifié au profit de la grande vitesse, sacrifiée elle même au profit de la rentabilité, choix politiques de la droite.
Pour remédier à ces choix désastreux , la Région malgré toute sa bonne volonté ne peut pas faire l’impossible avec ses TER ( train d’équilibre du territoire).
RFF a attribué la priorité aux TGV contre les TER à ceux qui ont les moyens d’acheter les meilleurs sillons horaires au prix le plus élevé pour maximiser ses profits.
La Région ne pèse pas bien lourd face à l’alliance d’intérêts financiers aussi importants qui poussent à vendre les sillons (péages) à celui qui fait la meilleure offre et qui achète le plus cher.
La Région a massivement investi dans la modernisation du réseau en améliorant les voies, rénovant des gares, achetant du matériel roulant moderne. Elle favorise l’utilisation du TER par des tarifs accessibles à toutes les classes sociales.
La Région est attentive aux inquiétudes des élus locaux et des associations d’usagers. Elle ne cesse d’accroître ses efforts pour les satisfaire.
Exemple :liaisons ferroviaires entre Strasbourg et Lyon chères aux usagers
de la circonscription de Lons :
Le pouvoir UMP supprime 5 dessertes Corail Strasbourg Lyon en décembre 2011 passant par Lons le Saunier située sur cette ligne.
La région compense, par les futurs TER Belfort – Lyon en plus des TER Lons le Saunier- Lyon, ce qui permettra 5 allers –retours par jour de semaine pour un temps de parcours moyen de 1h30.
Le budget TER s’élève à 78,6 M€, la région ne pourra pas être toujours la vache à lait et remédier à tous les maux ».
On ne peut que déplorer l’ enclavement ferroviaire de notre département et de notre ville Préfecture, on ne peut que constater l’impuissance de nos hauts responsables politiques UMP face à cette situation.
La solution avait été trouvée il y a juste cinquante ans par un grand Préfet du Jura, le Préfet Aubert qui, outre sa gestion admirable de la catastrophe du Mont Rivel, avait proposé le projet visionnaire de la ligne PARIS- GENEVE. Cette ligne aurait désenclavé le Jura en totalité, via Lons le Saunier, à partir de la voie ferrée Dijon –Lons en service à cette époque.
Aujourd’hui force est de constater qu’il avait raison :
Lausanne sera reliée à Genève et Genève à Paris via Bourg en évinçant totalement le Jura.
Hélas, depuis la décentralisation , nos hauts responsables politiques, ne raisonnent souvent plus qu’à l’échéance d’un mandat avec le souci pour
d' assurer d'abord leur réélection, au jour le jour, et ils ont eu plus d’ambitions personnelles que d’idées pour l’avenir de nos territoires !