28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 06:26

saint-julien.jpgLa construction d'une prison ne peut relever ni de l'amateurisme, ni de l'expérimentation et surtout pas de l'initiative privée. Le projet Botton est d'abord un projet marchand au service d'intérêts plus privés et financiers que philanthropiques. On ne peut accepter qu'il y ait ici des prisons Botton et ailleurs des prisons d'autres sociétés privées.

 

La justice,  la détention,  la sécurité sont des missions régaliennes qui doivent rester confiées à l'État, comme le veut la constitution .

 

Aujourd’hui , ce n’est pas de prison modèle dont la justice a besoin. La justice  a besoin   de moyens humains et matériels, de reconnaissance et d'indépendance.

 

Elle n'a pas attendu Botton pour prendre en charge les détenus avec respect et humanisme. Dans le Jura en particulier, où le partenariat  justice - administration pénitentiaire permet la prise en charge des jeunes de façon exemplaire et réussie. La réinsertion, la prévention de la récidive sont des missions complexes qui relèvent de la compétence des surveillants de prison. La justice, le personnel pénitentiaire, tout comme les autorités du Département auraient dû être consultés et informés de ce projet d’ implantation de prison.

 

Le rôle d'une élue départementale est de rassembler et non de diviser, et de tenir compte de l’avis majoritaire de la population. Il ne lui revient pas d'imposer un projet en solo, mais d'accompagner, de soutenir ceux des élus du territoire.

 

Le prétexte  invoqué pour amener cette prison, caricature le beau territoire de la Petite Montagne : il veut nous y faire voir  un désert rural qui se meurt.

 

Les chiffres de l'INSEE démentent totalement ce postulat puisque l'augmentation de la population du canton de Saint-Julien ( 1,2% de 1999 à 2008) est largement plus élevée que la moyenne départementale ( 0,4% de 1999 à 2008).

 

Ce qui signifie bien que ce territoire est dynamique et attractif et que les jeunes s'y installent.

 

saint-julien1.jpgLes élus et les associations comme l'Adapemont, ont su développer de multiples services à la population ainsi qu’ une offre diversifiée de pratiques  artistiques et culturelles. Les artisans, commerçants, agriculteurs et petites entreprises ont su maintenir une remarquable activité économique. En qualité de vie la Petite Montagne n'a rien à envier à quiconque.

 

Je crois en la capacité des habitants et des acteurs locaux à continuer le développement harmonieux de leur territoire, comme ils ont toujours su la faire,  par des réalisations autrement gratifiantes et valorisantes qu'une prison très mal située.

 

Je crois aussi en leur volonté de retrouver la sérénité, la cohésion et la fraternité qui animaient leur canton  antérieurement à ce fâcheux épisode.

Danielle Brulebois

Première Vice-présidente du Conseil général du Jura

Partager cet article

Repost 0
Published by Danielle Brulebois - dans POINTS DE VUE & TÉMOIGNAGES