28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 10:37

 Le Progrès du 28/07/2013 : article et photo de Philippe Galland;

 

Le site des dinosaures de Loulle devrait rester accessible au public

L’accès au site de Loulle n’est pas encore structuré pour accueillir dans les meilleures conditions les visiteurs. Des travaux devraient permettre de préserver le site tout en le maintenant ouvert au public.

 

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    Patrimoine. Scientifiques et élus s’opposent sur l’avenir du site qui abrite des empreintes de dinosaures. Les deux parties semblent converger vers un compromis acceptable.

 

Depuis trois ans, le conseil général travaille à une étude sur l’avenir du site de Loulle. Un lieu unique, marqué d’empreintes de dinosaures : des mastodontes qui évoluaient ici il y a 155 millions d’années. Découverte en 2004, par Jean-François Richard, cette « carrière des géants » a fait l’objet d’études poussées de la part des scientifiques : relevés, prises de vue, mesures, datations, etc.

Les élus, tant de la commune, du conseil général, que de la communauté de communes « Champagnole, porte du haut Jura », voyaient [forcément] d’un bon œil cette découverte, « patrimoine unique de l’humanité ». Seulement voilà, les intérêts divergeaient rapidement. Les scientifiques, une fois leurs travaux terminés, préconisaient « un enfouissement total du site, afin de préserver ces traces pour les générations futures ». « Oui, mais et les générations actuelles ? », s’interrogeait, notamment Yves Rolet. La Guerre du feu allait-elle se rallumer ? Presque. Cette étude, dont les conclusions sont en train d’être présentées aux élus, recommande, dans l’idéal des scientifiques, « la construction d’un bâtiment chauffé pour préserver les empreintes ». Premier sourire des élus. Le second rictus devient plus visible à la lecture de la ligne coût : 2 millions d’euros. De quoi couper la chique au plus solide des séropodes préhistoriques, fut-ce un diplodocus… emmanché d’un long cou. « C’est de la folie douce », confirme le maire de Loulle. Yves Rolet est farouchement contre tout enfouissement. Mais il ne s’opposera pas à un compromis, qui pointe son nez de cerataurus. Même écho favorable au maintien de l’ouverture du site pour le Département. « Mais cela nécessite des travaux. Car, depuis trois ans, le site s’est considérablement dégradé », confirme Danièle Brulebois. La vice-présidente du conseil général chiffre même les travaux de valorisation et de signalisation du site dans une fourchette budgétaire comprise entre 150 000 et 200 000 euros. Une somme redevenue bien plus raisonnable. Il reste aux chercheurs à valider ces recommandations. Le compromis vise à enfouir partiellement l’ancienne carrière -inexploitée depuis 40 ans, ndlr- et de permettre la visite de l’autre partie, restée visible et accessible. Côté enfouissement, Danièle Brulebois explique : « les empreintes seront recouvertes d’un géotextile et des drains seront installés. L’ensemble sera recouvert de sable et d’écorces, sur une épaisseur de 90 cm, environ ». Quant à l’espace restant, « il fera l’objet d’un aménagement avec un cheminement pour les visiteurs parmi les traces, tout en les préservant », poursuit l’élue. Pour sa part, Clément Pernot, président de la communauté de communes « Champagnole porte du haut Jura », est catégorique : « Sur le fond, nous sommes favorable à une ouverture du site au public. Le compromis me paraît bon. En revanche, tant que les scientifiques, le conseil général et le maire de Loulle ne seront pas d’accord, la « comcom » ne fera rien ».

L’avenir de cette « carrière des géants » est d’autant plus important, qu’il pourrait parfaitement s’inscrire, selon Yves Rolet, « dans un ensemble cohérent avec nos trois belvédères et le lapiaz (une formation géologique de surface dans les roches calcaires, créée par le ruissellement des eaux de pluie, ndlr) ».

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Published by Danielle Brulebois - dans REVUE DE PRESSE