9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 10:52
Hebdo 39 Vie locale :Face à face avec Danielle Brulebois
 
Madame Brulebois, vous êtes vice-présidente d'un Conseil général  qui a pris un véritable tournant depuis la présidence de Christophe Perny : communication plus étoffée, manifestations plus nombreuses, méthode plus musclée... Un choix stratégique que vous approuvez ?
 
Il est de notre devoir de rendre des comptes et de fournir des renseignements sur la gestion des finances départementales, sur nos programmes, nos services et nos innovations de façon claire, objective et loyale. Nous avons davantage ouvert le Conseil général aux Jurassiens.
Les renseignements doivent être disponibles sur de nombreux supports pour assurer l'égalité d'accès à tous. 
Par ailleurs dans un exécutif, on n'est pas forcément tous d’accord sur tout mais il y a eu des choix généraux fixés au départ dans nos engagements de majorité socialiste et tant que la ligne politique est respectée sur le fond, sur les valeurs et sur le budget, il n’y a pas de problème entre nous, ce qui ne veut pas dire qu’il n y a pas de débats. L’exécutif forme une équipe soudée, j’ai d’excellentes relations avec tous mes collègues conseillers généraux et nous avons des services dévoués et compétents pour mettre en œuvre nos politiques.
 
 
 
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Le Jura est une terre de talents créatifs. Que faire pour davantage les faire (re)connaître et que le jurassien s'exporte mieux ?
 
Le Jura est effectivement une terre d’innovation. Même aux époques difficiles l’ingéniosité et le savoir-faire jurassiens ont permis l’adaptation et la résilience. Malgré un déficit extérieur français qui se creuse, le Jura continue, lui, à exporter avec succès dans les secteurs d’activités à haute valeur ajoutée, de haute technologie, et les produits de marque. Les décideurs n’ont pas attendu les politiques pour faire ces choix qui sont les bons dans une économie mondialisée. Nous soutenons cependant les entrepreneurs et les producteurs par des politiques d’aide ciblées dans l’immobilier d’entreprise, l’innovation et la recherche, par le soutien aux chambres consulaires et nous faisons la promotion des produits du réseau Made in Jura dans les salons, les foires, les manifestations. Pour éviter la fuite des talents et des cerveaux il faut donner aux jeunes l’envie de rester ou de venir entreprendre dans le Jura.
Il faut développer une offre d’éducation et de formation qui corresponde aux besoins actuels et futurs de l’économie jurassienne, il faut aussi développer l’attractivité des territoires par une meilleure qualité de vie, d’équipements, de services et d’offre culturelle. Nous y travaillons aux côtés des collectivités locales.

Sur le même ordre d'idées, pensez-vous que le désenclavement du département est sur la bonne voie malgré les transports qui se raréfient ?
 
Il ne faut pas trop nous plaindre : le Jura n’est pas un département enclavé, il est accessible que ce soit sur le plan routier, autoroutier, ferroviaire ou aérien, avec un réseau dense de 3500 km de routes départementales tenues en bon état par le Conseil général, avec une autoroute traversante et pas moins de 5 échangeurs, avec Paris à 2 heures en TGV, avec de nombreuses gares sur les dessertes secondaires, avec un aéroport régional...
Nous développons les véloroutes et les pistes cyclables pour les déplacements doux ainsi que le covoiturage. Bien sûr la gare de Lons souffre de la suppression des 5 trains Corail en 2011, comme Mouchard de la suppression des arrêts du Lyria, mais la région fait tout ce qu’elle peut 
pour compenser avec les liaisons TER.
D’ailleurs son projet de TER’GV va rendre la liaison Besançon-Lyon encore plus structurante pour le Jura.   
Et puis, le contournement de Lons avance bien grâce aux services du Conseil général qui en assurent efficacement la gestion. S’il désenclave  enfin  la ville préfecture, il ne résoudra pas pour autant les problèmes de l’accès au plateau Poligny-Orgelet, et des camions arrivant toujours en nombre sous le pont de Perrigny. Ce projet aurait dû être réfléchi
 plus globalement au départ pour prendre en compte à la fois une bretelle autoroutière A39 très proche avec deux sorties qui aurait pu servir de contournement ouest de Lons et permettre ainsi de recentrer tous les investissements sur le contournement est.
Le projet de grand canal a été abandonné et la liaison Rhin-Rhône risque aujourd’hui d’oublier le Jura, en passant par la Haute-Saône, dommage ! Le transport fluvial est nécessaire à l’industrie lourde et tout comme le ferroutage il mérite d’être développé.
 
Quels sont les dossiers ou projets qui vous tiennent à cœur ? Pourquoi ? 
  
Les sujets qui me tiennent à cœur aujourd’hui concernent les propositions que je faisais déjà en 2008 dans l’opposition et que nous avons mis en place : rénovation et modernisation des collèges, éducation, soutien aux associations, politiques pour les personnes âgées, pour l’emploi, Conseil général des jeunes, Agenda 21 et développement durable etc…

Actuellement je m’occupe d’un plan pluriannuel de reconstruction et de rénovation des collèges, du plan équipement informatique, du projet tablettes numériques pour les collégiens et les professeurs en  2014, des dossiers culture  qui sont  nombreux, riches et variés dans notre département... C’est l’exception culturelle Made in Jura ! Mais aussi des projets urgents comme Loulle, les sites palafittiques Unesco ou la numérisation des archives...
L’actualité ?  C’est la carte avantage jeunes qui sera en vente début septembre et qui donne accès aux aides du Conseil général et de la politique jeunesse que j’ai voulue utiles : aide au permis de conduire, aux BAFA, BSR, PSC1, à l’inscription dans les clubs sportifs ou les écoles de musique… 
Il y a aussi le tour des communes fleuries pour le jury départemental, nous commençons fin juillet.

Ensuite il y aura les Déboussolades aux quatre coins du département, puis les journées du patrimoine, ou encore la semaine de la jeunesse…
Les dossiers concernant la jeunesse me tiennent particulièrement à cœur, je pense que l’éducation et la culture sont les investissements d’avenir, la chance et le destin de notre département.
Le budget est géré différemment, au plus juste, en fonction des besoins avec moins de recours à l’emprunt et un impôt sur les ménages stable. Seuls les budgets éducation et culture sont en augmentation, ce qui illustre un choix  politique fort en faveur de la réussite scolaire, de l’intégration sociale de la jeunesse et de l’accès à la culture pour tous.

Quelles actions majeures retenez vous depuis le basculement du département à gauche ? Par exemple, quels sont les dossiers prioritaires actuellement sur la table dans votre canton ?
 
Les actions que je mène au niveau départemental servent évidemment mon canton, comme tous les autres.
Par exemple les collèges de Poligny, Chaussin et Bletterans qui concernent les collégiens du canton de Chaumergy bénéficient d’importants travaux, des abribus ont été construits là où il y en avait besoin. Je veille à ce que les routes départementales du canton soient entretenues, la sécurité de points dangereux améliorée…Une caserne de pompiers neuve va enfin voir le jour à Chaumergy. Je suis à l’écoute des maires du canton et des présidents d’associations pour soutenir leurs dossiers, je défends l’agriculture traditionnelle et familiale de Bresse et l’élevage, le petit commerce et l’artisanat qui font la vitalité économique d’un canton rural… Je fais tout mon possible pour rester disponible pour les habitants de mon canton, et rester une élue de terrain, malgré un emploi du temps de première vice-présidente du Conseil général très chargé. 
Je ne cumule pas , je n’ai qu’un mandat auquel je consacre tout mon temps, la semaine, le dimanche… Mais je crois que le mandat de conseiller général est le plus beau mandat parce que c’est par l’action départementale que l’on peut mettre en œuvre concrètement des projets utiles et durables dans la recherche du bien commun.

Sur Lons, pensez-vous que Marc-Henri Duvernet possède de réelles chances de détrôner Jacques Pélissard ?
 
Les investitures et les alliances du parti socialiste ne sont validées ni par les instances nationales, ni par les instances fédérales (dont je fais partie, assurant également une mission de conseillère politique auprès du 1er Secrétaire Fédéral du PS du Jura, à sa demande). 
Les militants, électeurs de Lons-le-Saunier, auront à se prononcer sur les candidatures qui seront soumises à leur vote à l’automne. Actuellement, Marc Henri Duvernet, Secrétaire de la Section PS de Lons-le-Saunier, s’est déclaré et c’est, selon moi, le candidat du renouvellement et de la vitalité. Le combat sera difficile, un maire qui est réélu à la tête de sa ville durant 25 ans a forcément des arguments et un bilan. La bataille sera rude, comme elle le fut pour moi lors des dernières élections législatives, mais le candidat PS à la Mairie de Lons pourra s’appuyer sur le rassemblement que j’ai su initier avec les militants PS autour de ma candidature, notamment sur la ville-préfecture, où moins de 350 voix me séparaient de mon challenger au second tour. C’est une base solide qui, complétée par l’important travail de terrain entrepris par toute une équipe animée par Marc-Henri Duvernet depuis plusieurs mois, peut assurer le basculement de la ville de Lons-le-Saunier.

Personnellement, comment envisagez-vous "l'avenir" ? Et le vôtre en particulier ? 
 
Moi je vis le présent, je suis actuellement complètement investie dans ma première vice-présidence du Conseil général, une mission accaparante en laquelle je crois et que j’aime. C’est mon premier mandat, je n’ai jamais cherché à faire de la politique un métier, je suis une élue qui se bat avec volontarisme pour ce qu’elle croit être juste. J’ai eu la chance de faire un métier passionnant qui m’a permis de travailler en cohérence avec mes idées. Cette liberté et ce militantisme  me permettent de dire franchement que je n’ai pas décidé encore ce que je ferai, mais que je ne m’interdis rien pour l’avenir .
Avec la réforme du mode de scrutin des  élections cantonales, binôme homme-femme et la vraisemblable fusion des cantons de Chaumergy, Sellières et Bletterans, le paysage politique départemental va inévitablement se transformer...

 

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Published by Danielle Brulebois - dans REVUE DE PRESSE