7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 22:17

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Un « Pacte territoire-santé » : pour lutter contre les déserts médicaux


De nombreux élus et professionnels de santé étaient réunis le 6 mars au Conseil général  pour la présentation du pacte territoire santé de l'ARS.  

Ce Pacte, voulu par Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, fait l'objet de concertations départementales obligatoires .Les propositions formulées à cette occasion pourront le compléter ou l'amender. 

 Madame Mansion, directrice générale de l'Agence Régionale de Santé, accompagnée de Monsieur Hutin, Directeur pour le Jura, est d'abord venue le présenter à l'éxécutif du Conseil général, puis en séance publique.

Afin de combattre efficacement les déserts médicaux, Marisol Touraine propose sur chaque territoire un pôle de santé de proximité : une maison de santé, un centre de santé ou un hôpital local.

Elle a obtenu un accord important sur le contrôle des dépassements d’honoraires. Elle met en œuvre un plan pour l’installation des jeunes médecins qui, au-delà des incitations financières, les aidera dans la construction des projets médicaux, les accompagnera dans les démarches administratives et permettra de contractualiser  carrières et  parcours professionnels.

Le contexte départemental:

 

 Notre département est le plus" vieux" de Franche Comté. L' indice de vieillissement de la population du Jura est de 104, il est le plus élevé de la région où la  moyenne  est de 93. La moyenne nationale est de 90.

Le Jura compte 96 généralistes libéraux pour 100 000 habitants soit une densité de 96 contre 99 au niveau national.

Le quart de ces médecins devrait partir à la retraite dans les cinq années à venir.

  

Le pacte propose de:

 1- changer la formation et faciliter l'installation des jeunes médecins:

 

Tous les étudiants en médecine devront effectuer un stage dans un cabinet libéral de médecine générale.

 Dans le Jura, actuellement, 46 maîtres de stage  ( 17% des médecins généralistes) accueillent des jeunes. Des bourses ( 1500 pour la région) seront proposées contre un contrat  d'engagement de service public ainsi qu'un complément de salaire garantissant un revenu de 4 600 € par mois pendant deux ans . 

Actuellement la bourse de 1 200 € mensuels proposée aux étudiants contre un engagement de service en zone prioritaire n'a pas connu le succès escompté: région: 3 contrats en 2011, 2 contrats en 2012

 

2- transformer les conditions d'exercice des professionnels de santé:

 

Le Jura compte 7 maisons et pôle de santé pluri-professionnels en activité et 15 en cours de validation . Chaque collectivité veut sa maisosn de santé mais Madame Mansion insiste:

"Un projet n'est un bon projet que si c'est un projet de professionnels et pas seulement un projet d'élus"

 

Le Jura ne manque pas de projets mais il y a beaucoup de projets de très petites structures, d'après Madame Mansion il faut des regroupements de plus grande ampleur qui puissent prendre en charge les petites urgences et assurer la continuité de soins. Elle veut améliorer l'organisation des soins de premier recours en développant les regroupements et les coopérations des professionnels de santé.

Le comité régional des maisons de santé a examiné dix-huit projets dont seize ont reçu un avis favorable , ils bénéficieront au total de 781 000€ de crédits de l'ARS et de 1 000 000 € de financements préfecture.

 

 

JURA: Projets connus par l'équipe d'appui "territoire et santé"

7 MSP, maisons de santé pluridisciplinaires en exercice:

Bletterans, Pagney, Les Rousses, Foncine-le-Haut, Thoirette, Orgelet, Saint Julien.

15 projets en cours:

Voiteur, Mouchard, Nozeroy, Poligny, Moirans, Authume, Orchamps, Saint Lupicin, Saint Claude, Crançot, Chaux des Crotenay, Morez, Hautes- Combes

projets de regroupements: Gendrey, Petit -Noir

 

Faut- il subventionner la construction des Maisons de Santé Pluridisciplinaire?:

 

Les avis sont partagés. Les professions hébergées procurent en principe de bons revenus. Les praticiens sont plus attachés à un ourtil de travail qu'ils ont personnellement finacé. Cependant, le cahier des charges est lourd, il peut justifier les subventions. beaucoup de centres médicaux, certes sans le label MSP, fonctionnent déjà sur ce modèle, certains ont bénéficié de fonds publics, d'autres pas. et tout le monde s'accorde à dire que celà n'a pas d'incidence sur leur réussite.

Pour autant les MSP sauveront-elles la démographie médicale des campagnes, rien n'est moins sûr, à moins que comme Anne Sophie Pin de Septmoncel, de nombreux jeunes médecins succombent aux charmes  de notre beau Jura ou les redécouvrent!

 

3-investir dans les territoires isolés

Plus de 9% des habitants du Jura se trouvent à plus de 30 minutes d'accès d'un service d'urgence. 

D' après la Directrice de l'ARS, l'e-santé( télémédecine, télé-expertise, télésurveillance) devrait faciliter l'accès aux soins et mieux prende en charge le suivi des parcours de soins en associant tous les professionnels de la santé et du médicosocial. Ce qui nécessite des équipements numériques notamment télémédicaux mais surtout le déploiement du très haut débit sur tout le territoire.... et pour le Jura, une stratégie nationale si l'on veut juguler la fracture numérique entre les deux bassins urbains de Dole et Lons préemptés par Télécom et le reste des campagnes...

 

Mon intervention.

" Vous dites qu'un projet de maison de santé doit être un projet de professionnels avant d'être un projet d'élus. Mais Madame Mansion,  les projets des élus sont d'abord les projets de leurs administrés . Des administrés qui,  lorsque s'approche la fin de carrière de leur médecin   se questionnent sur  son remplacement,  sur le devenir de leur officine de pharmacie et du cabinet de soins infirmiers... Inquiétude bien légitime d'une population rurale et souvent  âgée . La carte que vous nous avez présentée montre des déserts médicaux dans le Sud Jura, en Bresse, au Nord Jura..  l'accès aux soins est loin d'être garanti, demain.

 

La situation est grave, alors à pathologie grave, remède de cheval!

 

- D'abord, le principal problème, c'est le numérus clausus, numerus clausus qui a organisé la pénurie: si nous manquons de médecin aujourd'hui en secteur rural comme urbain, c'est parce que nous nous n'avons plus voulu dépenser pour en former assez.

 Il faudra attendre 2020 pour que la situation s'améliore et ce n'est pas sûr avec des recrutements nationaux de 8000 par an!

 

- Ensuite, vous dites que lorque les étudiants font un stage en milieu rural souvent ils reviennent s'y installer. Alors pourquoi ne pas obliger les médecins qui sont en milieu rural à prendre des jeunes en stage dans leurs années de fin d'activité?

 

- Enfin vous dites que les bourses ne sont pas assez incitatives et qu'elles ne suffisent pas à motiver l'installation en milieu rural. Puisque les études longues et coûteuses assurées par l'ETAT sont gratuites et que c'est  la sécurité sociale qui assure le salaire, ne pourrait-on pas envisager un engagement obligatoire de service public en fonction des besoins des territoires, comme ce fut le cas pour les instituteurs à une époque?"

 

ars

 

J'ai aussi alerté Madame Mansion sur les problèmes d'accès aux urgences, qui se situent en moyenne, nous dit-on, à 30 minutes? Oui,  sur le papier, car en vérité  nos territoires ruraux subissent  les dysfonctionnements de la régulation du 15, des discussions qui durent au téléphone, des répétitions à faire au 18, des défaillances des ambulances privées qui n'arrivent pas, des ambulanciers qui ne sont pas urgentistes, qu'il faut au final remplacer par les Pompiers avec des pertes de temps qui ont été parfois dramatiques et celà se répète régulièrement  depuis que le centre 15 a quitté le département. 

 

 

EHPAD:

Le Directeur de  CLAIR JURA a questionné Madame Mansion sur les moyens alloués aux établissements, moyens qui ne devraient pas augmenter alors que les besoins en soins

augmentent régulièrement avec la perte d'autonomie croissante des résidents: le Pathos,  conditionne les dotations en moyens et en personnel soignant. S'il est sous évalué par l'administration, il est difficile d'assurer la qualité de vie et la bientraitance  que les résidents sont en droit d'attendre. 

   

 

 

 

 

 

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Published by Danielle Brulebois - dans CONSEIL GÉNÉRAL DU JURA