5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 20:38

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Madame Mansion, Directrice de l'ARS, est venue au Conseil général présenter le projet régional de santé que nous aurons à valider avant le 15 février et qui doit organiser la politique de santé pour les cinq années à venir.
Madame Mansion, a, en quelque sorte, les pouvoirs d'un Préfet de Région.
Elle est chargée d'appliquer la loi HPST, hôpital patient santé territoire, ou loi Bachelot, loi votée en 2009 par les députés UMP.

Elle a répondu aux nombreuses questions des conseillers généraux mais n'a pas levé les inquiétudes de la majorité ; en effet, deux ans après, le bilan de la loi HPST est sombre pour le Jura.

Au lieu de renforcer notre système de solidarité sociale, cette loi l’a fragilisé en instituant une santé à plusieurs vitesses. Alors que le monde entier nous enviait l’efficacité de notre système de soins, elle a  organisé le démantèlement du service public hospitalier et la privatisation de la santé...

Les inégalités devant l’accès à des soins de qualité s’accroissent.
La répartition équilibrée des médecins  dans les territoires, qu’ils soient urbains ou ruraux se détériore, les déserts médicaux progressent.
Il y a aujourd’hui une génération de médecins hospitaliers ou généralistes qui part à la retraite sans que les politiques aient anticipé le numerus clausus et permis à des jeunes d'étudier pour les remplacer.

En ce qui concerne l’hôpital, Madame Mansion dit sans ambage que "le Jura est malade de ses hôpitaux".
Mais elle ne dit pas que l’introduction brutale de la tarification à l’activité les a précipités dans une crise financière aigüe. Elle ne propose pas d’autre  issue que celle des fermetures, des regroupements public-privé, des restructurations sous contrainte budgétaire, des Communautés hospitalières de territoire.

Le malaise des hôpitaux publics est grand : crise humaine sans précédent parmi les personnels, engorgement des services des urgences, difficultés à obtenir un rendez-vous,  dépassements d’honoraire qui se multiplient  et privent certains de soins faute de moyens financiers.

hopi.jpgEnfin on ne peut que déplorer la régression de la démocratie sanitaire car il faut bien constater que les élus,  les associations de malades, certaines professions médicales ne sont plus entendus dans les hôpitaux ou à l'ARS.

Madame Mansion nous explique que l’hôpital de demain sera organisé autour de plateaux techniques performants privilégiant la chirurgie alternative (hospitalisation de jour ou de semaine) dans un réseau de services à domicile et de convalescence à proximité du domicile.
Le Jura sera doté d’un moyen de transport héliporté.
La médecine générale sera de plus en plus organisée dans des maisons de santé regroupant tous les professionnels (médecins, infirmières, kinésithérapeutes…). Elle est d'accord avec nous pour dire que ce n'est pas aux collectivités ni à l'argent public de financer ou subventionner ces établissements qui sont très vite amortis.

Mon intervention :

"Partout, dans le secteur médical c’est la même logique qui dicte sa loi : l’exigence de rentabilité et la réduction à tout prix des dépenses publiques. Si vous appliquez la même logique au domaine du médico-social, ce sera forcément  au détriment  des besoins réels de la population, de la prise en charge des personnes âgées, handicapées partout sur le territoire...
Les associations s’inquiètent par exemple de voir l’ARS leur  imposer des conventions collectives.
Ce sont elles  qui auront à en supporter le financement et pas les donneurs d'ordre. Faute de moyens suffisants on peut craindre qu’elle ne soient amenées  à gérer la pénurie en embauchant des personnels non qualifiés ou en supprimant des postes. De même pour les CPOM, Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, ce sont les associations qui assumeront les déficits éventuels au bout de cinq ans.
Tout cela n’est pas rassurant pour ce domaine qui relève de nos missions. A ce titre, il faudrait replacer l’humain au cœur des politiques globales et prendre en compte le projet de vie des personnes concernées, ce qui est loin d'être la ligne directrice du Projet Régional de Santé."

Madame Mansion a répondu que les associations ont beaucoup de progrès à faire, qu'elles doivent se regrouper, s’associer faire des économies d’échelle, mutualiser les moyens en personnel qualifié, psychiâtre, secrétariat, en matériel, véhicules etc.
D’autre  part elle affirme que la télésurveillance au domicile des personnes âgées pourra permettre plus de maintien à domicile et plus longtemps.

Le bilan de la présente législature est très négatif : avec la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST), Nicolas Sarkozy et ses députés ont transformé l’hôpital en entreprise, avec pour unique souci la rentabilité, ils ont  laissé s’installer les inégalités sociales et territoriales de santé.

François Hollande redonnera, s’il est élu, toutes ses lettres de noblesse au service public hospitalier. Il mettra en place une politique de santé publique articulée autour de quatre grands axes : mieux prévenir, mieux soigner, mieux guérir et mieux garantir afin que chacun ait accès à des soins de qualité sur tout le territoire.

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Published by Danielle Brulebois - dans CONSEIL GÉNÉRAL DU JURA