17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 08:50

Monsieur le Maire,
Monsieur le Président de l’Association du Bataillon Pierre Semard,
Mesdames & Messieurs les Présidents des Associations de Résistants et de Déportés, des associations d’Anciens Combattants du Souvenir Français,
Mesdames & Messieurs les Anciens Combattants et Résistants,
Messieurs les Porte Drapeaux,
Messieurs les Parlementaires et Conseillers Généraux,
Mesdames et Messieurs les Maires et Elus,
Messieurs les Représentants de la Gendarmerie, des Pompiers et des Corps Constitués,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

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Nous voici rassemblés comme chaque année  toujours avec la même ferveur et le même recueillement autour du Président de l’Association du bataillon Pierre Semard et de vous tous Anciens Résistants et Combattants pour vous témoigner notre reconnaissance et notre profonde admiration. Nous sommes venus vous dire que nous n’oublierons jamais nos héros, leur sacrifice est gravé en lettres de sang dans l’histoire, leur nom est gravé en lettres d’or dans la pierre, leur souvenir est gravé en lettres de larmes dans nos cœurs.

Que vous ayez été agents de réseau, militants d’une cause, justes, passeurs de frontières, porteurs de messages, saboteurs, mécaniciens, médecins, gendarmes, gardiens et veilleurs de l’ombre des terrains Orion, Courgette et Aurore ou Léontine, combattants volontaires, combattants clandestins, combattants anonymes, vous êtes les symboles du courage et du dévouement, du devoir accompli et du dépassement suprême.

Vous étiez jeunes, plein d’audace, venus de tous les milieux, portés par le même idéal et le même amour de notre Pays. Vous êtes la fierté de notre petit coin de Bresse, terre de lutte, de résistance qui a toujours su se lever contre l’injustice et le totalitarisme.
Surgissant des profondeurs de notre campagne, les femmes et les hommes de chez nous, gens simples et ordinaires ont su faire des choses extraordinaires : la fermière dont les fils ne sont jamais revenus, les agriculteurs qui ont vu  brûler leurs fermes,  les villageoises qui risquaient leur vie pour donner asile et refuge, celles et ceux qui indiquaient la route à la croisée des chemins, celles et ceux qui soignaient, réconfortaient, apportaient à manger.
Toutes ces femmes, tous ces hommes de notre territoire, dans un même élan, au plus fort des épreuves, ont su donner au maquis l’appui dont il avait besoin. Vous avez su porter si haut le flambeau de la dignité humaine, de la liberté et de la justice, qu’ il éclaire toujours aujourd’hui notre route.

Nous avons le devoir de faire vivre votre souvenir, qui est la première fidélité à la mémoire de ceux à qui nous rendons hommage. Nous devons répéter sans relâche votre message, vos souvenirs nous sont précieux, il est vital que nos jeunes sachent ce qui s’est passé, qu’ils connaissent les évènements, les drames et les actes d’héroïsme de cette douloureuse époque. Je salue votre engagement inlassable auprès des enfants de nos écoles pour transmettre l’indicible et l’inconcevable.
Et pour vous avoir vu souvent dans nos collèges, je sais combien nos jeunes sont réceptifs, attentifs, respectueux et sensibles à vos témoignages, et avec quelle force vous savez transmettre les connaissances, l’indignation contre la barbarisme mais surtout les valeurs et la foi en l’être humain qui vous animent.
La démocratie ne peut se construire durablement dans l’ignorance de l’histoire.
Comme chaque année, le Conseil général vous soutient dans le devoir de mémoire qui est bien vivant dans notre Département, et nous allons accueillir les jeunes collégiens pour la remise des prix du Concours de la Résistance, qui est un moment fort et exceptionnel de la vie de notre collectivité.

Nous devons avec vous continuer le combat et rester vigilants lorsque les paramètres économiques sociaux et politiques peuvent devenir le terreau des thèses fascistes.
Résistants des maquis, rescapés de la Déportation, nous avons besoin  de vous entendre encore et encore. Des voix se sont tuent qui étaient parmi nous, mais nous les entendrons toujours nous dire qu’il n’y pas d’avenir dans la haine, qu’il y a toujours une voie possible vers la paix, la liberté.

Et aujourd’hui nous avons tous une pensée affectueuse et émue pour Raymond AUBRAC, figure légendaire de la Résistance qui est resté jusqu’au bout attaché et fidèle à notre Bresse, où il aimait revenir, où il avait tant de souvenirs. Il est aussi un des acteurs majeurs du programme du Conseil National de la Résistance.

Avec Jean Moulin, il disait : « Il faut rassembler et organiser ». Ils ont su le faire. Dans une France exsangue et dévastée, sur un champs de ruines, ils ont construit ce programme au joli nom des « jours heureux ». Ce programme a servi de feuille de route pour bâtir une France sur de nouvelles fondations, la mener vers la prospérité économique.
C’est à eux que nous devons les acquis sociaux dont nous bénéficions encore. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui comme hier, il nous faut nous engager pour préserver votre œuvre immense. Cet héritage dont nous sommes dépositaires pour nos enfants. Votre exemple nous oblige à perpétuer votre passion pour la démocratie le partage, la justice et le respect des autres.

Grâce à vous, nous savons que rien n’est jamais perdu et qu’un infime espoir passionnément entretenu peut vaincre des forces apparemment irrésistibles lorsque que tous les hommes de bonne volonté rassemblent leur énergie pour rétablir les valeurs de la République.

Aujourd’hui à Fontainebrux, comme le souhaitait Raymond AUBRAC, « La Résistance n’est pas une cendre que l’on conserve mais une flamme que l’on transmet ».
Une flamme qui nous montre le chemin. Le chemin de la main tendue, de la main amie, pour une société de paix, de liberté et pour un monde plus juste et plus fraternel.

Danielle BRULEBOIS  

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Published by Danielle Brulebois - dans DISCOURS