12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 21:26
 
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Madame Bouché, Chère Odette,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,
Madame la Présidente et Mesdames et Messieurs les membres  du Club les Cheveux Blancs,
Mesdames et Messieurs les membres du CCAS,
Mesdames et Messieurs les parents, voisins et amis d’Odette,
 
Nous sommes réunis autour d’Odette, notre concitoyenne et amie qui vient de franchir le cap des 100 ans en mai 2013.
Evènement qui méritait bien une cérémonie exceptionnelle pour témoigner notre déférence, notre profonde estime et notre amitié à notre jeune centenaire.
Mais vous le savez, Madame Bouché n’aime ni les honneurs ni les tralalas.
Elle apprécie la gentillesse mais dans sa grande  simplicité et sa modestie, elle ne veut  pas déranger. Et surtout comme elle le dit « J’ai cent ans, que voulez-vous, c'est normal... le temps passe et c’est la vie ».
Odette avance en âge avec philosophie. Elle sait recevoir la vie comme un don,  comme un présent et pour elle, bien vieillir, ce n’est pas tant être jeune que de savoir le rester.
Comme sa soeur Anna qui nous a quittés, comme Emilienne notre doyenne pour laquelle nous avons une pensée affectueuse, Odette sait habiter avec talent tous les âges de sa vie: enfance, jeunesse, âge adulte et vieillesse en gardant sa curiosité intellectuelle et en s’intéressant aux autres.
Nous avons donc maintenant deux centenaires dans notre commune et nous sommes fiers de la longévité de nos aînés.
L’espérance de vie continue à augmenter, et à Chaumergy en particulier, avec  de belles perspectives puisque la moitié des petites filles nées cette année atteindront 100 ans si l'on en croit les prévisions. 
 
En tout cas, chère Odette, nous sommes heureux de vous voir en si bonne forme, très en beauté ce soir, fringante et gaie, comme chaque jour,  parcourant notre village d’un pas toujours alerte, comme vous avez su parcourir un siècle, ce 20ème siècle qui fut à la fois terrible et fascinant.
Vous êtes fière me disiez-vous, d’avoir vu naître l’égalité entre les hommes et les femmes. Dans votre jeunesse, les femmes étaient plus ou moins esclaves, elles n’avaient ni le droit de vote, ni le droit d’avoir un compte en banque ou de conduire une voiture. Vous avez assisté avec joie aux progrès immenses obtenus par le Front populaire,  en particulier la sécurité sociale et vous en parlez avec encore beaucoup d émotion.. Comme votre mari, en citoyenne intelligente et responsable, vous avez toujours eu un regard averti et éclairé sur l’actualité et la société.
Ce siècle fut  terrible aussi , avec ses deux guerres mondiales, dont la première que vous avez vécue  petite enfant.
Vous êtes née en effet à Dole en 1913, comme Charles Trénet ou Albert Camus, année  précédant celle qui verra le début de la grande guerre.
Malgré les tourments, les privations et les difficultés, vous avez grandi, entourée de l’affection de vos parents, de vos soeurs et de votre frère. Votre papa, fonctionnaire des impôts et lieutenant capitaine de réserve, avait rejoint le front des combats. Il en est revenu  décoré de la Légion d’honneur. De cette époque, vous vous rappelez les blessés, les rapatriés dans les écoles et les colonnes de prisonniers allemands . Vous évoquez souvent avec attendrissement vos jeux d’enfance avec vos soeurs Anna et Yvonne. Vous aviez toute trois une occupation favorite : jouer à la maîtresse d’école avec le tableau noir, les craies et les bons points. Ce n’est pas un hasard si l’enseignement a été une véritable vocation familiale puisque sur les 4 soeurs, 3 sont devenues institutrices. Vous avez été une écolière studieuse et brillante à l’école primaire puis au lycée à Lons où vous avez obtenu le très sélectif Brevet supérieur, diplôme terminal du cursus secondaire qui permettait d’être nommé instituteur stagiaire et ouvrait la voie au
Certificat d’aptitude pédagogique puis à la titularisation.
(A l’époque, le baccalauréat était réservé aux garçons).
Vous avez commencé votre carrière en tant que remplaçante dans la région parisienne puis, très vite, vous avez pris des responsabilités en devenant directrice d’une grande école de 400 élèves, avec des classes de 50 élèves, où vous êtes restée 23 ans. Vous avez été un chef d’établissement, une enseignante, une collègue estimée et aimée de tous. Vous avez toujours su établir des relations de confiance avec les Maires et les élus pour obtenir, même dans les périodes difficiles, les moyens indispensables aux bonnes conditions d’enseignement.
Vous avez aimé passionément votre métier, pourtant Institutrice en maternelle est un métier exigeant qui  nécessite une grande disponibilité et de grandes qualités de coeur pour donner aux enfants l' envie de progresser et leur faire aimer l’école et  la demande affective des petits est forte.
Vos anciennes collègues vous appellent encore et vous gardez de ces années un souvenir heureux et ému.
Lorsque vous avez fait valoir vos droits à la retraite, vous vous êtes installés à Chaumergy avec votre mari, pour une nouvelle vie toujours  active et dévouée dans les activités associatives de la commune.
 
Vous avez toujours gardé votre attachement à tout ce qui tourne autour de la jeunesse et de l’éducation, car vous êtes persuadée de son extrême importance pour former les citoyens de demain et Chère Odette, je n’ai pas oublié vos visites amicales et votre intérêt pour l’école de Chaumergy. Chacun ici se souvient de votre implication dans le comité des fêtes et le club du 3ème âge pour les kermesses et les voyages, chacun se souvient de votre créativité, de votre générosité et de votre fidélité.
Nous sommes rassemblés pour vous dire toute notre reconnaissance pour ce que vous avez apporté aux autres tout au long de votre existence, tant sur le plan professionnel, social qu' associatif.
A Chaumergy, vous n’avez que des amis, vous êtes sociable, facile à vivre, vous aimez le contact, vous êtes une personne attachante.
Comme le disait Coco Chanel," personne n’est jeune après 40 ans,  mais on peut être irresistible à tout âge", c’est tout à fait votre cas, chère Odette.
Tout cela pour vous dire que nous vous aimons tous que nous vous admirons. Bon anniversaire, chère Odette, nous vous souhaitons de profiter encore longtemps  des bons moments de la vie, dans votre jolie maison, entourée des bons soins de votre famille, de vos neveux et nièces, de vos aidants et de vos voisins et amis.

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Published by Danielle Brulebois - dans DISCOURS