Le débat d’orientations budgétaires, formalité administrative obligatoire, précède le vote du Budget Primitif .
C'est un outil qui permet de prendre la mesure de la
situation financière présente et à venir, de débattre sur les grands enjeux de l'environnement socio-économique dans lequel le Conseil Général devra agir pour l'année à venir et les
suivantes.
Le contexte :
Comme dans tous les départements de France, dans le Jura les
principaux transferts de compétences affectent de manière sensible le profil des dépenses.
Comme ailleurs, le secteur social est le premier axe
d'intervention et les dépenses sociales sont en forte hausse: les trois allocations individuelles de solidarité: APA, PCH, RMI-RSA, ont progressé de 38 % entre 2004 et 2009 et la tendance ne se
renverse pas.
Leur progression constante est dûe à l'augmentation de la
précarité et du nombre de bénéficiaires de l'APA. Dans le même temps les compensations financières de l'Etat stagnent, liées à une taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers atone
et aux possibilités limitées de la Caisse Nationale de Solidarité et d'Autonomie. En 2004 l'Etat couvrait 70% des allocations de solidarité, en 2009 il n'en garantissait que 59% et en 2011
plus que 55%
Les
recettes fiscales : un resserrement des marges de manoeuvre
En 2011, les départements perdent la TP, taxe professionnelle, pour laquelle ils
percevaient en 2010 une compensation relais, ils perdent la taxe d’habitation et la taxe sur le foncier non bâti.
Ils bénéficient maintenant de la TFB, taxe sur le foncier bâti, y compris la part régionale, à laquelle il faut
ajouter de nouveaux transferts d’impôts de l’Etat,
48,5% de la CVAE, Cotisation sur la Valeur Ajoutée des
Entreprises et une part de l’Impôt Forfaitaire sur les Réseaux(IFER)
Recettes fiscales du Conseil Général du Jura :
En 2010 : 111,48 M€
(foncier bâti : 42,57M€, foncier non bâti : 0,11M€,
taxe d’habitation : 24,87 M€, compensation relais : 43,93M€)
En 2011 : 80,53M€
(foncier bâti : 58,76M€, IFER : 0,98M€, CVAE :
20,78M€)
Incidences
de la réforme fiscale :
- Perte d’une grande part du levier fiscal, l’autonomie est divisée par plus de deux. Les recettes de substitutions CVAE et IFER ne laissent aucune
liberté, les taux sont fixés par l’Etat.
- Perte du dynamisme des recettes : la CVAE n’a pas le même dynamisme que la Taxe Professionnelle, car elle est directement soumise aux aléas de la
conjoncture et les dotations de compensation sont gelées en valeur pour trois ans.
- Défaut de visibilité important sur les ressources fiscales et sur leur évolution.
Le taux du Foncier Bâti du Jura voté en 2010 est de 23,88%, ce
taux est déjà très élevé comparé au taux moyen national de 15,55%, il est le seul levier fiscal car en 2011, les conseils généraux ne votent plus que le taux du foncier
bâti.
Les
dotations de l’Etat
Elles sont gelées pour 2011, 2012, 2013, ce qui s’ajoute à un
contexte pénalisant pour notre département auquel l’Etat devrait 76M€ pour les années 2002-2010 d’après l’étude du cabinet Klopfer.
Solde
d’épargne :
A partir de 2008, la situation financière des départements est
devenue inquiétante :
les dépenses de fonctionnement augmentent en moyenne de 18%
alors que les recettes n’augmentent que de 9%.
Pour le Jura l’augmentation des dépenses est de 16% et
l’augmentation des recettes de 7% seulement. Toutes les collectivités sont confrontées à une érosion de leur épargne brute.
Pour le Jura l’épargne brute est passée de 52M€ en 2007 à 37M€
en 2010 (-29%)
Structure et évolution du budget du Jura :
- La dette du Jura :
L’emprunt nécessaire à l’équilibre du budget est en augmentation
importante depuis quelques années et en particulier depuis ces trois dernières années.
A la fin de l’exercice 2010, l’encours d’emprunts réalisés est
de 154M€ soit une augmentation de 73% depuis 2007.
L’annuité de la dette est passée de 15,7M€ en 2008 à
20M€ en 2012 soit une augmentation de 28%
en 5 ans.
- Autofinancement et capacité de désendettement :
L’épargne brute ( différence entre recettes de fonctionnement et
dépenses de fonctionnement) se dégrade. En conséquence, la capacité de désendettement qui était de 1,7 années en 2007 passe à 4,5 années fin 2011.
- Eléments de
cadrage pour 2012 :
Maintenir l’investissement, préserver notre épargne brute,
maîtriser la fiscalité tout en assumant nos devoirs et nos engagements est la gageure à relever pour les années à venir.
Le recours à l’emprunt et à l’endettement doit être
réduit.
Par ailleurs le taux de fiscalité bâti de 23,88% est élevé dans
le Jura.
Il est important de ne pas augmenter la pression fiscale des ménages ,
la hausse d’un point de fiscalité ne rapporterait de toute façon que 600 000 € au lieu de 1,2M€ avec les quatre taxes auparavant.
La rigueur
budgétaire qui s’impose implique des choix responsables en phase avec nos compétences obligatoires et nos engagements politiques.
Le BP 2012 se dessine selon le schéma
suivant:
237 M€ en fonctionnement
70 M€ en investissement
emprunt d'équilibre de 32 M€
Mes interventions:
Pour répondre aux collègues qui reprochent à la nouvelle majorité de
présenter un budget de fonctionnement en augmentation (ce qui serait le travers récurrent de la gauche) et un budget d'investissement qui diminue, je tiens à faire remarquer que cette tendance est nationale, générale pour tous
les conseils généraux. Tous les départements voient leurs dépenses réelles de fonctionnement augmenter au même rythme que les allocations individuelles de solidarité.
D'ailleurs chers collègues, la vérité est dans le compte
administratif de 2010, de votre propre budget. Il est révélateur de cette situation: il montre en 2010, une hausse des dépenses caractérisée par une baisse des dépenses d'investissement de 12,7% et par une hausse
significative des dépenses de fonctionnement de 6,6%.
Vous n'avez réalisé que 75,2 % des crédits en
investissement contre 95,5% en fonctionnement.
Donc ne nous reprochez pas la prévision de +11% en
fonctionnement et de -5% en investissement pour
2012.
Réponse sur les collèges:
Quelqu'un a dit avoir entendu au congrès des départements
une personnalité dire que son poste collèges passerait de 1 à 10.
Pour ce qui est du Jura, lorque nous annoncions après la
visite des collèges un investissement nécessaire de 20 à 25M € par an pendant 5 ans, nous étions encore loin du compte et il ne s'agissait pas de propos farfelus.
Le programme de travaux indispensables est maintenant
chiffré , il s'élève à 149 686 000€.
Il ne s'agit pas de luxe, il s'agit simplement de nous mettre
en conformité avec la loi sur l'accessibilité, les lois du Grenelle: réglementation thermique et exigences du plan climat dans nos propres bâtiments, mise aux normes des
cuisines,etc..
Accessibilité: 11 810 000 €
Isolation façades extérieures: 40 406 000
€
Restructuration: 60 356 000 €
Rénovation toitures: 6 158 000 €
Restructuration demi-pension: 12 760 000
€
Extension vie scolaire: 3 492 000 €
Rénovation chauffage: 3 448 000 €
Aménagements extérieurs préaux, clôtures:
3 594 000 €
Divers: sanitaires CDI ...7 662 000 €
TOTAL: 149 686 000 €
Bien sûr des choses ont été faites, certains collèges sont refaits à
neuf et modernisés, c'est tant mieux et il ne s'agit pas de faire le procès de quiconque.
Mais il y a encore beaucoup d'argent à mettre dans les
collèges, c'est ainsi.
L'Etat nous les a légués en médiocre état mais à sa décharge il
faut dire que ces 28 collèges jurassiens ont dû être pour la plupart construits dans l'urgence pour accueillir l'affluence des collégiens, déjà avec peu de moyens et les normes
d'alors.
Il nous faut faire une programmation en fonction des
urgences, dégager des priorités qui correspondent à nos moyens. Notre capacité d'emprunt est limitée à 32 M€, l'augmentation de la fiscalité des ménages est peu envisageable, d'ailleurs à
600 000€ du point elle serait peu efficiente.
Par contre nous tenons à augmenter la dotation culturelle et
sportive des établissements qui sera revalorisée au BP 2012, à poursuivre la modernisation de l'équipement informatique avec la dotation en matériel, la remise à niveau des réseaux
internes, l'accès et l'abonnement à Internet haut débit et le service d'assistance aux usagers afin que les établissements soient prêts à mettre en oeuvre le projet TICE du Rectorat.
Réponse sur l'IUFM
Le département est propriétaire des bâtiments depuis
1863.
L'ensemble du site est assez vétuste mis à part le centre de
ressources du CDDP, l'extension réalisée en 2002 et le CIO implanté dans l'ancienne école annexe qui a été rénové en 2009.
En 2001 vous aviez voté une autorisation de programme de 2 156 000
€
sur les trois bâtiments.La totalité des crédits n'a pas été utilisée
et la rénovation de l'internat a été ajournée.
Or nous avons été alertés par la Direction de l'IUFM sur le risque
de fermeture du site, devenu peu attractif, de moins en moins d'étudiants s'incrivant en Master à Lons faute de logements peu chers.
Il nous paraît important de rénover les 42 chambres d'internat
fermées par la commission de sécurité si nous voulons pérenniser l'offre universitaire sur Lons- le -Saunier, il en va de l'attractivité de la ville préfecture et du département. L'étude est
lancée pour des travaux en 2012 estimés à 750 000€
L'IUFM fait partie intégrante de l'Université de Franche Comté et
depuis qu'elles sont autonomes, les Universités ont le souci d'une gestion économe de leur fonctionnement. C'est pour celà que Monsieur le Président de l'Université a souhaité rapatrier
sur le site IUFM les deux licences professionnelles qui étaient rue G. Trouillot.
Sur le site qui nous appartient il y a donc maintenant une
quarantaine d'étudiants en master IUFM et une quarantaine en licence professionnelle. L'offre de chambres bon marché viendrait en complément de l'offre de la ville, celà nous semble
être une bonne orientation stratégique pour maintenir dans notre département l'ancrage de l'Université de Franche- Comté .