12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 21:12
11 Novembre 2015.
11 Novembre 2015.

Cérémonie à Sellières, après ceux du Président du Souvenir français et du Maire,

Mon discours.

Comme chaque 11 novembre, nous sommes réunis pour commémorer l’Armistice qui mit fin à la première guerre mondiale, cette tragédie qui ravagera une génération entière et meurtrit chacune de nos communes, chacune de nos familles dans son cœur et dans sa chair.

Un siècle après, la mémoire collective reste à jamais marquée par cette hécatombe. L’émotion suscitée par ce grand drame de l’histoire reste intacte pour nous ici rassemblés.

Aujourd’hui il n’y a plus de témoins ni d’acteurs directs de cette guerre. Mais beaucoup d’entre nous se souviennent d’un grand-père, d’un arrière-grand-père qui avait fait Verdun ou le chemin des Dames, d’une grand-mère ou d'une arrière-grand-mère toujours vêtue de noir, au regard triste et lointain parce qui ne s’etait jamais remise de la perte de l'être cher.

Ravage et barbarie qualifient la parenthèse sanglante de quatre années qui entra dans le quotidien des femmes et des hommes de nos campagnes, pour y laisser une trace indélébile et une plaie à jamais ouverte.

La commune de Sellières, comme celles d’alentour a payé un lourd tribu, elle a perdu beaucoup de ses enfants. Elle n’a jamais oublié leur sacrifice, elle entretient leur mémoire avec ferveur.

Dans l’église, leur longue liste s’égrène le long des murs sur des plaques émaillées au nom de chacun, en souvenir de leurs souffrance et de leur chemin de croix.

Le monument aux Morts, parfaitement entretenu par la municipalite, erigé dans le parc paisible et verdoyant, les rappelle chaque jour au souvenir des promeneurs et des passants. Les noms sont gravés à jamais dans la pierre, ils s’appelaient Henri, Pierre, Gaston, Auguste, Hector. Figés dans leur éternelle jeunesse nous les imaginons, ils étaient cultivateurs, ouvriers, bourreliers, coiffeurs, facteurs, instituteurs...

Ils avaient 18, 20, 25 ans. Ils pouvaient en avoir trente ou quarante. Ils étaient pleins de vie, d’espoir. Les jours s’écoulaient au rythme des saisons, c’était la paix, dans la longueur de l’été avec la promesse des champs de blés parsemé de bleuets et de coquelicots.

Et puis soudain, il a fallu tout quitter, ils sont partis la fleur au fusil, quelques photos pour bagage. Alors, ils sont devenus les poilus, les artilleurs, les cavaliers, les fantassins, les cantiniers, les brancardiers. Ils ont revêtu l’uniforme mal taillé, coiffé le képi ou le casque de fer, supporté le lourd barda.

Ils sont entrés dans l’enfer, ils ont enduré la folie meurtrière dans la boue des tranchées.

Ils étaient des hommes ordinaires, ils sont devenus des héros. Il y eut des actes de bravoure, des prouesses de courage, des gestes admirables de solidarité et de fraternité, d' hommes au cœur pur.

Dans nos villages lorsque que le tocsin sonnait, Monsieur le Maire arpentait les rues avec son écharpe tricolores pour apporter ses funestes messages. Songeons à ces femmes, à ces mères, à ces épouses, à ces filles qui tremblaient et priaient le ciel pour que ses pas ne viennent jamais jusqu'à leur porte.

Hélas beaucoup ne revirent jamais le clocher de leur village, ni le toit de la maison familiale. Les autres, ceux qui sont revenus, que nous avons connus, portaient à jamais dans leur cœur et dans leur corps la marque de douleurs indicibles.

Parfois mutilés, gazés, défigurés, toute leur vie ils furent hantés par le souvenir des morts piétinés, déchiquetés, par le cri atroce des blessés, par le visage des camarades et des amis fauchés sous le feu de la mitraille et le tonnerre des obus.

Aujourd’hui ce que le souvenir de cette guerre doit inspirer à nos consciences, c’est bien la volonté que jamais une telle horreur ne se reproduise.

Nous avons le devoir de tirer les leçons de l’histoire.

Elle nous a montré tout au long du siècle dernier combien la paix et la démocratie sont fragiles.

La lutte contre l’oubli, l’ignorance, la haine est un combat de chaque jour.

Je salue l'engagement de Monsieur Curie, Directeur de l'Ecole, de Madame Girod, Professeur qui s'impliquent au service du devoir de mémoire. Ils méritent nos plus vives félicitations pour la brillante réussite de leurs élèves au Concours des Petits Artistes de la Mémoire, ce qui vaut à l'une d'entre eux d'avoir aujourd'hui à Paris, les honneurs du President de la République.

Messieurs les Anciens Combattants d’hier et d’aujourd’hui, qui êtes toujours présents aux commémorations, vous avez tout notre respect et notre admiration pour ce que vous avez fait et pour ce que vous continuez à faire.

Nous savons ce que nous vous devons, nous qui avons la chance de vivre dans une République forte, belle et fraternelle.

N’oublions jamais cette pensée du Maréchal Foch : « Parce qu’un homme sans vie, un peuple sans mémoire et un peuple sans avenir ».

A Chaumergy, exposition du Souvenir Français
A Chaumergy, exposition du Souvenir Français
A Chaumergy, exposition du Souvenir Français

A Chaumergy, exposition du Souvenir Français

A Mantry, inauguration du Monument aux Morts, et de l'espace du souvenir, entièrement rénovés.

A Mantry, inauguration du Monument aux Morts, et de l'espace du souvenir, entièrement rénovés.

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Published by Danielle Brulebois - dans Canton