14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 23:45
Fontainebrux : la fidélité au souvenir.

Monsieur le Maire de Fontainebrux,

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs les Maires et Conseillers municipaux,

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de l’Amicale du Groupe France du Bataillon Pierre Semard,

Madame le Commandant ,Déleguée Militaire,

Mesdames et Messieurs les Résistants,

Présidents et Représentants du monde Combattants,

Présidents et Représentants du Souvenir Français

Porte-drapeaux,

Messieurs les Officiers et Gendarmes,

Monsieur le Chef des Pompiers,

Mesdames, Messieurs,

 

Tous les ans, nous nous retrouvons en ce lieu de mémoire et de grandeur, pour honorer la mémoire de la Résistance locale.

Monsieur le Président du Conseil Départemental vous demande de l’excuser, il est retenu par d'autres obligations mais il s’associe à cet hommage et vous remercie.

Vos conseillers départementaux et les Elus, nombreux, sont comme à l’habitude à vos côtés, Monsieur le Président, vous qui œuvrez sans cesse avec le monde combattant pour transmettre la mémoire, lutter contre l’oubli et continuer à témoigner.

Dans ce joli square du souvenir, joli coin de verdure, pieusement entretenu par le Maire et la commune de Fontainebrux, vous avez érigé une stèle à la mémoire de vos chers camarades.

Les noms gravés en lettres d’or d'Antoine, d' Hector, de Georges, de Max, de Pierre nous rappellent qu’ils étaient des jeunes pleins de vie et d'espoir,  qu’un corps qui tombe c’est  une existence, un destin, une espérance brisée pour toujours. Ils sont morts, mais leur âme est là et ce qu’ils incarnent est immortel.

Car ils ont dit non à la barbarie, non à la soumission, non à l’arbitraire, non à l’ignominie.

 

Leur cri, votre cri nous l’entendrons toujours. C’est le cri de tous les combattants du maquis, de ceux qui sont morts en héros, de ceux qui ont été blessés, meurtris et marqués à jamais, de ceux qui nous ont quittés et de ceux qui sont aujourd'hui présents avec nous.

Au fil des années, bien sûr, des visages connus, et des voix amies se sont tues, mais le temps qui passe n’efface pas leur souvenir.

Nous garderons en mémoire la noblesse et la grandeur de votre sacrifice.

Vous avez été du maquis, c’est un titre de gloire qui mérite les plus grands honneurs et notre immense gratitude.

Nous savons ce que nous vous devons.

Songeons un instant à ces heures terribles que vous avez vécues, ici, il y a plus de 70 ans, auprès du chêne Francis, et des arbres de ces bois qui vous abritaient.

Songeons à vos souffrances morales et physiques.

Il vous a fallu affronter la nuit, le froid, la faim, et pire encore, la peur au ventre, l’insécurité permanente, le sentiment de bête traquée toujours aux abois.

Un soldat sait qu’il peut être fait prisonnier, un maquisard sait ce qui l’attend : la torture, la barbarie, la mort…

 

Mais quelque part au fond de vous tous, il y avait cette conviction inébranlable, que rien n’est jamais définitivement perdu, qu’un infime espoir passionnément entretenu peut vaincre l’artillerie la plus meurtrière  lorsque la cause est juste.

Comme vous nous l’avez souvent rappelé, dès le 18 juin la Résistance est née dans nos cantons de Bresse.

La ténacité de notre territoire est légendaire, comme notre goût farouche pour la liberté. Tout au long de notre histoire nous avons résisté aux oppressions.

Ni la force, ni la brutalité de l’occupant n’ont jamais réussi à soumettre l’âme de la Bresse.

Dès 1940, votre groupe Francis s’organisait. Bientôt il surgissait des profondeurs de notre Bresse pour accomplir l’extraordinaire alors que rien ne l' y avait préparé. Paysan, artisan, ouvrier, instituteur, cheminot, vous êtes devenus les passeurs de frontières, les saboteurs des ponts et des lignes. Vos exploits héroïques sont entrés dans la légende, comme ce déraillement de trains, attribué au groupe Francis, cité par Radio Londres et Radio Moscou où les pertes ennemies furent importantes.

Vous êtes devenus imprimeurs, techniciens radio, vous êtes devenus les opérateurs des atterrissages et des parachutages, allumant des feux de bois et alignant les lampes électriques, improvisant dans la nuit les pistes sur les terrains Orion, Courgette et Léontine.

Sans vous notre histoire n’aurait pas été ce qu’elle a été, car votre rôle dans cette région de Bletterans a été déterminant.

Votre courage, votre efficacité, en  proximité des terrains d’atterrissage ont permis aux Chefs de la Résistance d’organiser la libération et la victoire.

C’est d’ici, des terrains jurassiens en lien permanent avec la France libre et les alliés, qu' ils s’envolaient pour Londres pour rapporter les ordres, du matériel, de l’argent, et c’est ici qu’étaient parachutées les armes pour harceler l’ennemi.

 

Lors de la journée Mémoire du 30 août 1914 organisée par l’ANACR à Cosges, nous avons pu revivre, avec les témoins de l'époque, ces moments historiques où Jean Moulin, Vincent Auriol, les époux Aubrac, le Général Delestraint, Valentin Abeille, Emmanuel d’Astier de la Vigerie, figures illustres de la Résistance, ont eu besoin de la Bresse et de vous.

Vous n’étiez pourtant que 20 puis 100, 100 hommes qu’il fallait chaque jour nourrir et soigner. Cela était vital pour le maquis et pour cela vous avez toujours pu compter sur la population rurale de notre territoire, sur les familles amies, maisons discrètes et  hospitalières des Bergerot, Chalumeau, Touiller, Mathieu, Roux, Boivin, Labbey, Marillier et de tant d’autres qui ne sont pas dans les livres d'histoires et qui vous offraient la table et le couvert qui  partageaient avec vous le pain alors qu’elles n’en avaient guère.

Vous avez pu compter sur le puits, le clocher du village pour cacher les armes, la grange d’en face pour cacher le poste émetteur et la radio clandestine, le char et les bœufs de la ferme voisine pour tirer un avion, la bicyclette des filles pour transporter les messages. Vous avez pu compter sur la complicité et la bienveillance des gendarmes de la Brigade de Bletterans qui surveillaient les chemins et vous prévenaient des dangers, sur le Docteur Jean Michel médecin et chirurgien à Lons qui fut fusillé et torturé parce qu’avec son confrère de Bletterans, il soignait les résistants et les clandestins.

 

Nous n’oublierons jamais les gendarmes déportés, ni Mme Blonde ou M. Marillier. Nous n’oublierons jamais les trois dames Bergerot de Villevieux, nous n’oublierons jamais les villages martyrs de St Didier, La Charme, nous n’oublierons jamais les héros anonymes, les habitants de nos villages décorés de la croix de guerre comme Villevieux et Cosges.

Votre exemple, leur exemple doit continuer à nous éclairer et à nous guider.

 

Nous avons la chance de vivre dans une Nation libre, dans une Europe pacifiée, mais la paix comme les valeurs de la République sont fragiles. Elles sont comme l’air que l’on respire, c’est quand on en manque ou quand il se raréfie qu’on voit ce qu’il vaut. C’est pourquoi, le devoir de mémoire est absolument indispensable, il fait partie de notre héritage. Il faut que les générations futures connaissent le prix payé par nos ainés, tous les sacrifices consentis lors de ces périodes sombres pour défendre les valeurs de la République et permettre à la France de garder son indépendance.

Notre rassemblement aujourd’hui, ici, montre notre volonté de lutter contre l’obscurantisme, la xénophobie et la haine pour perpétuer les idéaux, de liberté, de justice et de fraternité entre les hommes.

 

  

tions,

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Published by Danielle Brulebois - dans canton